Des difficultés à écrire ici, alors j'essaie de retourner dans le 1er endroit où j'ai raconté ma tite vie pour la 1ère fois…

http://www.aufeminin.com/mon-espace/dauphin1978




Samedi 20 juin : Un peu raide, des douleurs… Des signes plutôt connus pourtant, mais que je refuse d'entendre… Lundi, je me suis dit “c'est lié au week-end et au fait que j'ai bougé davantage”… Ce matin, je me suis dit “c'est parce que je suis restée trop immobile, hier soir, devant le pc à faire le même geste de taper…” je me suis dit aussi que le fait de me souvenir, d'avoir peur que certaines choses recommencent, avait son rôle. On verra… Si je me porte la poisse toute seule, ce sera bien fait pour ma tronche… En attendant, je me ronge les sangs pour une stupide histoire, des doutes pleins la tête, mes ongles et cheveux, qui s'en vont sans crier gare et un ami auquel j'ai beaucoup tenu. On était très proches… Trop, sans doute pour sa copine qui était jalouse de moi, alors qu'elle ne m'avait jamais vu… et que 800 kms séparaient H. et moi, puisqu'il habite en Alsace. Un jour, j'en ai eu assez de chercher à la comprendre et j'ai en quelque sorte sacrifié mon amitié pour lui. Je ne lui ai envoyé qu'un texto pour lui dire que notre amitié se terminait là. C'était il y a environ 7-8 mois. Il était très mal en plus, suite à des problèmes d'alcool et je l'ai laissé tomber, au moment où, lui, avait sans doute besoin de moi… et l'autre jour, en nettoyant ma boite mails de Neuf que j'ouvre tous les tremblements de terre, j'ai vu qu'il m'avait laissé un mot, il y a un mois, pour me dire qu'il était désolé de son silence… qu'il avait été hospitalisé dans un service psy pour son alcoolisme et je n'avais pas été présente. Je l'entends encore sur mon répondeur, alors que je refusais de lui parler, des larmes dans la voix, me dire “tu seras toujours mon amie”… Quelle amie je fais… On était si proches pourtant. Bref…  Je vais essayer de recoller les morceaux, mais même s'il n'a pas l'air de m'en vouloir, je ne sais pas si on peut tout pardonner…

Hier, c'était après-midi plage à la Ciotat avec Valérie . On a vraiment de la chance d'habiter une telle région et de pouvoir partager de tels moments.

Aujourd'hui, j'avais besoin de “vert”, alors direction le jardin que j'aime tant, près de chez moi. En 10 mns à pieds, çà permet de se retrouver les fesses dans l'herbe, c'est trop bon ! Et puis, de sentir l'herbe et la terre, j'ai eu l'impression nostalgique d'être dans les Vosges. En train de marcher sur mon “chemin des fleurs”, sous le soleil, à sentir leur parfum.

Mardi 23 juin : dimanche, balade moto et baignade à Bandol. J'essaie de profiter de chaque instant, je serre très fort S., sur la moto… J'ai mal mais mon moral est bon, du coup, je m'accroche à ce moment de vie et refuse d'entendre tout signe de mon corps…. Puis fête de musique avec une soirée super sympa.

Aujourd'hui, rv psy où j'ai dû parler de mes douleurs qui revenaient et de mes raideurs… J'ai de nouveau le phénomène de roue dentée, 1er signe d'un syndrome parkinsonien… Je ne suis pas prête à revivre ce que j'ai vécu à cause de çà, déjà… Trop de souffrances physiques et mentales, trop de questions et de découragement. Trop d'immobilité et de semi-paralysie… Cà été réversible une fois, j'ai espoir que la 2ème le soit aussi et se passe rapidement. Je ne resterai pas 6 mois dans le même état que l'an dernier, c'est certain, parce que je ne tiendrai pas le coup moralement…

La psy m'a baissé le neuroleptique (un syndrome parkinsonien ou extrapyramidal est lié à un effet secondaire des neuroleptiques, dans la plupart des cas) et doublé l'antiparkinsonien que je prenais déjà, pour éviter les impatiences dans les jambes et les raideurs (effet des neuroleptiques en général, corrigé souvent de cette façon).

Le problème, c'est que j'ai besoin de ce médicament et qu'il faudrait m'en mettre un 2ème (Tercian), quand j'ai des périodes, comme en ce moment, où j'ai des “visites malsaines”… J'en parlerai mieux, un de ces jours, mais j'avoue être prise pour une folle, même si je sais que tout ne se contrôle pas et que face à mes hallucinations, je ne suis strictement rien… Le Tercian me permettrait d'être un peu assommée durant ces périodes difficiles à supporter, mais si je me remets à rejeter les neuroleptiques, ce n'est pas gagné… Donc, un 2ème anxiolytique un peu plus fort est mis en place, à prendre pour les soirs où je suis envahie par tous ces personnages horribles…

J'appréhende les jours à venir. Va falloir gérer la baisse du neuro et éviter d'avoir mal, tout en continuant tout de même à bouger…

 

 

Me revoilà

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J'ai du mal à croire que je ne suis pas venue dans mon petit chez moi, depuis le 29 mai, sans écrire un mot ni ici, ni ailleurs (quand je n'écris pas, c'est que je ne parle pas non plus énormément… encore moins que d'habitude, on va dire…).

J'ai voulu venir jeudi dernier, après le rv mdph et j'ai eu un souci au moment d'enregistrer et j'ai tout perdu grr… Du coup, je n'ai pas recommencé et me revoilà juste aujourd'hui, donc…

Jeudi dernier, en revenant de chez mes parents où j'ai passé 1 semaine, avec Valérie aussi , j'avais rv avec le médecin de la mdph. Il a modifié la notification du tribunal et a transformé mon inaptitude, en reconnaissance de travailleur handicapé, à 50 % !  Un certain “soulagement” m'a submergé, parce que de se sentir nulle et d'être reconnue encore inapte par tous les organismes où je suis passée ces derniers mois, voire cette dernière année, ce n'est pas ce qui aide le mieux pour prendre confiance en soi… Une reconnaissance de mon combat aussi, jeudi soir en rentrant, pour la 1ère fois depuis des lustres, j'ai réussi à me dire que le fait d'avoir lutté contre cette saloperie, m'avait été enfin utile et que j'avais bien fait de ne pas abandonner, malgré mes envies très fréquentes, j'avoue, de le faire… Et ce qui a été beau, c'est que j'ai pu partager çà avec une amie précieuse, ma Val, qui avait proposé de m'accompagner et qui m'a attendu patiemment. Quelque soit le résultat, je savais qu'elle était là et çà me supprimait un poids de ne pas assumer la réponse, seule.

Sur le chemin, en partant, je suis passée devant le kiné que j'ai vu quotidiennement, pendant 2 mois, l'an dernier pour le syndrome parkinsonien et je n'ai pas pu m'empêcher de me souvenir… Je me suis demandé où étaient passés tous ces mois et je me suis souvenue qu'en tout, j'étais déjà restée 4 mois, hospitalisée… C'est sûr que comme çà, je ne pouvais pas avoir de grands souvenirs et que l'année avait vite filée effectivement… Je n'arrive pas à croire, qu'il y a 1 an, je m'évertuais à récupérer mon côté droit, en pédalant comme une tarée sur un vélo, alors que çà n'a servi à rien. 60 jours à ne voir aucun effet, à avoir toujours aussi mal au moindre mouvement et ce blocage qui persistait et dont je n'en garderai aucune séquelle finalement, à part des douleurs régulièrement et surtout une peur au-delà de ce qu'on peut imaginer, que tout recommence… Du coup, je vole du temps, quitte à bouger parfois trop et à perdre un peu de poids. Demain, je peux me retrouver à ne plus pouvoir bouger, de nouveau (j'ai une certaine méfiance envers les neuroleptiques, depuis, j'avoue…) et si cela arrive, je ne veux pas me dire “si j'avais su”… Parfois, je sens que je me bloque et je me dis que tout recommence, et j'ai peur, durant ces heures, où physiquement, ce n'est pas terrible… Et puis, il y a des photos de l'année passée où j'étais blanche, alors que maintenant, j'ai pris de jolies couleurs, témoignage que je supporte de rester assise sur la plage, alors que c'était si douloureux et puis surtout, je ne suis jamais entrée dans l'eau de tout l'été… alors qu'aujourd'hui, j'en suis à presque 3, déjà et rien que çà, c'est du bonheur Sourire

Autrement, comment je me sens… Je ne sais pas trop, paradoxalement… en sachant que je suis une fille très paradoxale, dans son genre humhum… . Je crois toujours qu'on veut me sortir de sa vie et j'avoue que c'est autant difficile à gérer pour moi que pour les personnes concernées… J'essaie de me corriger, mais c'est très dur. Il est temps de prendre confiance en moi, si je tiens à avancer et à me sentir mieux, sur certains plans… mais je n'ai pas encore les ingrédients de la recette pour y parvenir. J'essaie d'être “toute souple” dans ma tête, de me libérer de mes idées, de taire le temps d'un instant certains démons. Mais je reste envahie par cette tristesse insondable pour tout le monde et surtout par moi, le plus grave…

Je vous laisse pour ce soir. Je me suis fait une promesse, celle de continuer à écrire ici, tous les 2 jours, au moins, pour conserver un lien, avec tout le monde et avec moi, bizarrement, parce que quand j'écris, je me retrouve un peu, normalement… Depuis 2 ans et demi que j'écrit dans un espace comme celui-ci, ce n'est jamais arrivé que je reste absente autant de temps, alors je reviens, même si c'est pour y dire, souvent, n'importe quoi ! 

Bisousss

Longtemps…

… Que je ne suis pas venu écrire. Je n'y arrive pas trop. J'ai l'impression de ne plus avoir quoi que se soit à rajouter, sur ma vie, sur la maladie.

Je repars un peu dans le bon sens, mais je sens que tout est fragile. Il suffit de peu pour retomber. Je me maintiens à 43,5 kgs, soit un imc de 16. A 17, on sort médicalement parlant de l'anorexie, mais dans la tête, c'est une autre affaire. Souvent, mentalement, mon imc est toujours à 13,5 tel qu'il l'était au plus bas de la maladie.

Lors de ma 1ère hospitalisation dans ce service, en août, un dossier MDPH (ancienne COTOREP) avait été fait. Deux demandes avaient été faites : la reconnaissance de travailleur handicapé et la réorientation professionnelle.

Deux mois après, j'avais la réponse. Ils m'avaient refusé les deux requêtes, non pas parce qu'ils pensaient que je pouvais me débrouiller sans eux (ce que j'aurais préféré…), mais parce qu'ils me jugeaient inapte au travail… Après cette décision, j'ai demandé un recours au tribunal administratif pour que lui, à sont tour, statue. J'ai eu la réponse il y a 3 jours… Ils ont refusé ma demande. En gros, ils me jugent à leur tour, inapte, “au vu du dossier”…….. De plus, j'ai une convocation auprès du médecin de la MDPH pour une visite médicale, qui lui, donnera aussi son avis. Mais pourquoi, est-ce que je ne l'ai pas vu plus tôt, ce type ?? Pourquoi pas avant le jugement rendu par le tribunal ?? C'est n'importe quoi et surtout très illogique… Du coup, je ne sais plus quoi faire…

Mardi, j'ai rv avec la psy, je lui demanderai qu'elle me fasse un certificat médical, qui m'autoriserait à travailler au moins à temps partiel. Le temps plein, je ne peux pas à cause de la décision de la sécurité sociale. Et j'avoue ne pas me sentir de recommencer tout de suite à 35h. J'aurais trop peur de m'effondrer au bout de quelques jours. J'ai besoin d'aide à ce niveau là et il n'y a personne. Je ne sais pas à quelle porte frapper, je me sens perdue dans tous ces papiers, ces droits, ces démarches…

Voilà ce qui me travaille depuis quelques temps, plus d'autres choses un peu plus personnelles dont je ne parlerai pas ici, par respect, mais c'est un peu lourd…

Bon wiwi, profitez du soleil et de vos proches  

 

 




Qu'on me donne l'envie… Qu'on rallume ma vie… Envie d'avoir envie….

Je retombe dans l'anorexie. Il n'y a rien à dire de plus, sauf que je me déçois et que je ne suis pas digne de l'aide qu'on m'apporte. Je me suis fait prendre de nouveau, j'ai pourtant lutté de toutes mes forces contre elle, mais elle est plus forte. J'essaie de me relever, mais…

Mimi réglette

 Reglette regime

Un petit moment que je n'avais pas mis ma mimi réglette. Je suis montée à 45, récemment, mais je ne l'ai pas supporté et du coup, je l'ai perdu…  J'ai pris 7 à 8 kgs, donc, en 5 mois, puisque j'ai commencé à grossir quand je suis sortie de l'hôpital, la première fois, mi-décembre. Je vois mon corps qui change, qui se remplit, les petits bourrelets qui s'installent. J'ai le ventre gonflé, comme à peu près toutes les personnes qui prennent des neuroleptiques. Je pense qu'il y a une action sur certaines hormones.

A l'hôpital, pendant quelques jours, j'ai souri, tenté de parler un maximum pour qu'on me laisse sortir de là, je n'en pouvais plus de rester dans cet endroit… Entre les cris, les hurlements à 5h du mat, les engueulades entre patients qui entre leurs maladies et leurs caractères, ne sont pas faciles à temporiser. Le mal, aussi. La souffrance des autres, en plus de la notre. On se confie, on écoute, on a les poils qui se dressent suite à ce qu'on a entendu d'horrible…

Comment je mange… J'ai du mal à faire mes repas, moi qui aime pourtant cuisiner. Je mange de tout, reste la viande dont je ne raffole pas, mais çà ne me gêne pas, je compense autrement. Il y a toujours la petite voix de l'anorexie par moments “ne mange pas c'est grave, sale, dangereux et puis n'oublie pas que si tu veux avoir un contrôle sur ta vie, il faut passer par le contrôle de la nourriture”… Elle est plus ou moins présente. Parfois je mange sans penser à elle. Souvent, je culpabilise d'avoir “trop” mangé. Mais il me manque encore les notions de satiété et de faim. Je n'arrive pas encore à dire “j'ai faim”, alors que mon estomac crie famine depuis 1h… Il y a quelques temps, sceptique sur la thérapie, j'avais demandé à la psy ”comment je saurai que je suis sortie de l'anorexie”, elle m'avait répondu “vous allez le sentir”… Quelques mois après, je sens, quelquefois que je lui échappe. Elle me court sans cesse derrière, mais je tiens souvent la distance, aussi…. Selon les jours, je la sens s'éloigner de moi cette amie-ennemie qui me tient compagnie depuis presque 13 ans. Tant d'années de gâchis et de souffrances pour moi et mon entourage. Elle n'apporte rien de positif sauf à grandir un peu plus rapidement encore, elle n'apporte que le malheur, la douleur mentale et physique. Il existe d'autres moyens de grandir et d'être mûr avant l'âge, au lieu de s'autodétruire.

Certains jours, j'oublie comment, pourquoi, je suis entrée dans l'anorexie. Bizarrement j'ai peur d'oublier, il faut que j'aie absolument une trace de tout. Il faut que je recommence à écrire ce document que j'ai et qui me servait de journal de bord. Je ne serai pas en paix, tant que tout mes souvenirs ne seront pas mis noir sur blanc, au moins dans les grandes lignes. Comme si, une fois que tout sera retranscris, je pourrai faire de nouveaux pas en gardant conscience de ce qui s'est passé depuis ces longues années, mais pouvoir me diriger vers l'avenir en oubliant, d'un autre côté. Je ne sais pas comment expliquer, c'est un peu plus clair dans ma trombine, concernant cela.

Je réagis normalement face à la nourriture, qui me fait moins peur. Si seulement il n'y avait pas ma phobie de vomir, çà irait encore mieux. J'ai peur, mais j'ai admis que c'était une maladie comme une autre, qu'il fallait des soins médicamenteux et thérapeutiques. Je suis malade… Je n'ai pas juste “un problème”. Tout le reste en dehors de l'anorexie est terrible. Entre les coups, les coupures, les idées de mort très fortes, l'état dépressif plus ou moins fort selon les moments, le trouble borderline et ses pensées à 2 balles qui me font douter de tout le monde, sur ce qu'on me dit. Je lutte, je lutte, encore et encore…. tout çà me semble encore plus insurmontable que l'anorexie. Le programme de contrat poids est fixé à 50 kgs, mais je suis obligée de faire une pause, là où je suis. J'ai besoin de me réconcilier avec mon corps. Je me regarde dans le miroir avec des vêtements que j'ai achetés récemment ou des habits que j'avais mais ne mettais plus, parce que trop grands.

Je tâte la peau, écoute les compliments avec plaisir. Je sais par où je suis passée pour arriver à ce poids là. Je connais tout le combat pour y parvenir et parfois j'ose le montrer, lever la tête et dire que c'est moi qui ai façonné ce nouveau corps qui s'ouvre. Une renaissance. Les regards ne sont plus aussi inquisiteurs qu'avant. Certains me regardent, mais c'est plus doux…

Autrement, j'ai rv avec un médecin à la MDPH (COTOREP), le 11 juin à 13h05…. Très important les 5 mns… J'ai peur de ce qu'il décidera. Il ne faut pas trop montrer le mauvais, trouver le juste milieu, quitte à cacher certaines choses… Je ne sais pas comment je vais réagir. J'ai besoin de leur soutien et de leur aide, sinon je n'arriverai pas à me réintégrer professionnellement… La dernière fois que j'ai eu une visite médicale, le médecin, sans attendre l'avis de la commission, m'avait déclarée inapte… J'avais parlé avec lui et il avait baissé à 6 mois la durée d'inaptitude, au lieu d'1 an. J'étais venue avec l'assistant social de la clinique où j'étais hospitalisée à ce moment là. En sortant, j'étais si mal que j'ai manqué m'effondrer dans ses bras, en pleurs. Il a été essayé de me remonter le moral, mais de mon côté, au lieu de me dire qu'il fallait que je m'en sorte, je me suis enfoncée. Environ 2 semaines après, ils m'ont évacué vers un autre établissement médicalisé, pour me poser des poches de perfusion, en utilisant un cathéter. Plus pratique au lieu de piquer ts les jours. J'avais arrêté de manger correctement, suite à cette entrevue…. Au bout de 7 jours, ils m'ont arrêté les perfusions qui coulaient 24h sur 24, je me suis sentie nue d'un coup… et surtout pas très en forme. Moi qui ne dormais jamais dans l'après-midi avec les perf, le 1er jour, sans, j'étais affalée sur mon lit… Je ne tiens pas à retrouver le même état, parce que je sens que tout est fragile et que je peux me casser la figure au moindre obstacle.

Qui vivra verra…..

La vie et ses efforts…

  

“La vie est à l'image d'une grande course cycliste dont le but est pour chacun l'accomplissement de sa Légende personnelle.

Sur la ligne de départ, nous sommes tous animés par les mêmes sentiments de camaraderie et d'enthousiame. Mais, à mesure, que la course se déroule, la joie initiale fait place aux vrais défis : la fatigue, la monotonie, les doutes sur nos capacités…

Nous constatons que certains amis ont renoncé à relever le défi - ils courent encore, mais seulement parce que l'on ne peut pas s'arrêter au beau milieu d'une route. Ils sont nombreux, ils pédalent à côté de la voiture de secours, ils bavardent entre eux, ils accomplissent un devoir. Nous finissons par prendre nos distances ; alors, il nous faut affronter la solitude, l'imprévu qui surgit des virages inconnus, les difficultés matérielles causées par notre bicyclette. Finalement, nous nous demandons si tout cet effort vaut vraiment la peine. Oui, il en vaut la peine. Simplement, il ne faut pas renoncer.”

Paulo Coehlo, “Maktub”

Parfois, je me demande pourquoi faire tant d'efforts pour manger, pour boire, pour voir les autres et faire face à la vie sociale, à travers l'amitié. Parfois, j'ai l'impression de lutter dans le vide et çà me rend mal. Je sens que le mal de vivre est tellement fort, que je me dis que je n'arriverai plus à rien et surtout à ne pas m'en sortir.

Souvent, on me donne des bouteilles d'oxygène qu'on fait passer dans mon corps, mon coeur, mon âme, à travers l'amour et l'amitié. Je prends une grande inspiration et repars sur le chemin de la vie… Puis je dégringole et ne sais plus où j'en suis, alors que toutes mes questions existentielles pour le coup, avaient trouvé des réponses un jour avant, à peine. Voire une heure…..

Les efforts… Parfois je me dis que je n'en fais pas assez, que du moins, je les fais de travers ou pas suffisamment bien… Mais je ne peux pas davantage et n'ai plus de pistes, pour l'instant. Fatiguée. Il ne faut pourtant jamais renoncer, c'est vrai…. Tout effort mérite salaire. Celui de la vie.

ESPOIR




…….

Il n'y a rien dire pour aujourd'hui. Je ne suis pas bien. Petit coup au moral qui s'est transformé en gros coup de cafard… Cà ira, parce qu'il le faut, mais je sais vers où mes pensées me conduisent pour ce soir…

Sinik, “Rue du paradis”

J'essaierai de venir plus amusante plus tard, pour ne pas rester sur çà, mais…

Qu’est-ce qui… ?

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… Fait qu'on aime la vie…

… Fait qu'on se batte pour ne pas la perdre…

… Donne l'énergie pour dire “non” à des choses dont tout le monde me connaissant, sait l'existence…

… Fait qu'un jour, on se dit “j'arrête mon combat…”…

… Fait qu'un jour, on se dit “cette saloperie ne me tuera pas” d'un air affirmé, défiant la loi de la nature, même quand le corps et l'esprit ne savent plus où ils en sont…

… Fait qu'à des moments, on se sente si sale en soi, que nos propres mains gênent sur ce corps qu'on s'acharne à amener vers la mort…

Je ne comprendrai jamais comment le cerveau fonctionne. Je ne saurai jamais les molécules qui font que ptite delph soit tombée dans l'anorexie ni celles qu'il faut pour lui remettre les idées en place. Je ne saurai jamais comment le corps peut se débattre contre la vie et la mort. Souvent les deux à la fois. Je sais juste une chose : il ne faut pas chercher à tout savoir, tout comprendre. Les choses sont telles qu'elles sont et le plus important, n'est pas de les constater mais de les contrer. Jour après jour. Se lever, en tapant sur l'oreiller, en se disant “aujourd'hui, je ferai çà et rien ne devra s'interposer, aussi physiquement que mentalement” et on se bouge… Parfois, c'est trop dur, alors il faut juste l'accepter, sans pouvoir le contrer, mais sans laisser cette m**** prendre tout le contrôle. Un pas après pas. Un jour après jour.

Je n'ai jamais autant souri depuis ces 13 dernières années d'anorexie. Depuis, qu'à l'hôpital, un jour d'octobre, j'ai commencé à pouvoir bouger correctement mon corps. La 1ère hémiparésie (paralysie partielle d'un côté du corps) avait eu lieu en février 2008 et duré 7 mois. En tout, presque 1 an déjà de douleurs et de semi-paralysies… Aujourd'hui, je souris à mes rollers quand je les mets (je reconnais que çà fait débile très profonde, mais bon…), à mes ami(e)s, à ma famille. L'envie de lever les bras bien haut en hurlant “yes ! Cà bouge, JE re-bouge, yes yes yes, çà marche, je roule, je marche, je vole vers la vie, parce que mon corps l'accepte et ma tête suivra, c'est sûr” Je vis et bouge et çà n'a pas de prix, sauf celui de cette année oscillante entre les questions, les suspiscions de maladies diverses et variées, la perte de confiance en la médecine… Mais on en ressort autrement. Pas grandie, mais on en tire une certaine “sagesse”, une leçon de la vie. La prendre à sa juste valeur. Sourire, rire.

Hier soir, j'ai fait la randonnée roller, heureusement qu'il y avait Sylvain qui me tirait quand il voyait que j'avais peine à avancer. 5-6 kms. J'étais fatiguée avant d'avoir commencé, parce que hier n'a pas été une journée top. J'ai pensé à Fabrice, un patient que j'avais connu dans une clinique. Commandant dans l'armée de terre. Il m'a fait faire des choses insensées, en salle de gym, malgré mon faible poids à cette époque. Rien que par le mental, il m'a fait me surpasser. Et hier comme souvent, ses paroles m'ont faites avancer. Je ne sais pas comment expliquer tout ce qu'il m'a dit, mais je l'utilise souvent et çà me permet physiquement de tenir le coup dans des efforts. Ces derniers temps, j'ai fait du squash, du tennis, du roller. Je sens que je n'ai pas beaucoup de forces pourtant, mais mon mental me fait avancer malgré tout. On peut se découvrir une force physique que personne ne soupçonnait.

Mon corps… 44 kgs environ… Je suis près du but fixé, encore 6 kgs et je sors médicalement parlant de l'anorexie physiquement. Je fais tout pour les garder, je surveille de près à chaque effort effectué et m'arrête de bouger 2-3 jours pour récupérer, parce qu'il me faut davantage de temps pour me remettre par contre. Je sens que mon corps a morflé et il est toujours aussi capricieux douleurs que j'apprends à gérer. Avec des médicaments ou avec des “astuces” de Fabrice. Cà demande de la concentration, de tout relâcher, respirer et inspirer sur l'endroit qui fait mal. J'apprends à écouter mon corps et à l'apaiser quand je sens qu'il n'en peut plus. Parfois, je me surprends à aimer ces formes qui se créent sur moi. Souvent, je le maudis d'être là. Mon rapport avec mon corps est encore bizarre, mais les “parfois” me font du bien. Je pense qu'à 45 kgs il faudra que je fasse une “pause psychologique”. Sinon je risque de retomber. Pas très solide, il faut consolider certaines choses.

La vie est trop courte pour se dire que notre vie peut soudain, à cause de dérèglements, ne tourner qu'autour du poids, de la nourriture. J'étais à 37 kgs, je puais la mort et la sentais du bout des doigts. Je suis à 44 kgs, j'ai mis finalement 3 mois à prendre 7 kgs mais je ne sens plus la mort. Reste à savoir si je me sens bien… Pas forcément, mais j'estime que le gâchis de 13 ans d'anorexie, boulimie et tout le reste est suffisant et que j'arrête là. Je choisis la vie pour ce soir. Je sais que çà peut changer demain, tant je me sens fragile, mais tout est à prendre dans les moments où je décide de vivre. Avant c'était “elle” qui me dirigeait, maintenant, c'est moi qui la contrôle à l'envers, je lui ferme sa grande gueule. Je l'entends parfois, elle est là, tapie jusqu'aux fonds de mes entrailles, mais j'essaie de la repousser au maximum.

Aimer son corps. Je touche parfois les petits morceaux de graisse tout fins qui se mettent sur mes cuisses, mes hanches, je vois ma poitrine qui prend un peu plus de volume. Et je me dis que je suis simplement moi. Le fameux “moi” qui était perdu dans l'espace…. Je suis obligée de vivre avec mon corps, alors autant le faire en apprenant à l'aimer…

Il y a 3 ans, ce mois ci, que j'ai été salie physiquement et mentalement. Grosse merde qu'on pouvait manipuler à sa guise. C'est fini, je sais que je peux dire non. Je n'ai plus envie de subir ce que les autres veulent de moi. Je suis ptite Delph un point c'est tout. Si on tient à moi, tant mieux. Si on ne m'appré cie pas, tant pis. Il y aura toujours quelque chose à critiquer de toute façon. Un nez en trompette, une voix de canard, un grain de beauté mal placé, un cheveu sur la langue, de trop grands pieds, des mains affreuses etc etc… On n'en finit jamais. Les personnes qui seront vers nous, nous accepterons toujours comme on est. La vie est trop courte pour s'encombrer de telles choses.

Je ferai tout pour ne pas retomber si bas. Le sens inverse me fait juste peur. Je ne veux pas revivre ce que j'ai vécu en 2000, avec les crises de boulimie. C'est compliqué… et douloureux…

Les supermarchés…

On y voit beaucoup de choses, à manger, à prendre soin de soi, à prendre des produits du quotidien, mais un employé qui y drague une cliente, je n'avais pas encore vu çà. C'était la 1ère fois que j'allais dans ce petit supermarché. J'arrive à la caisse et ce fameux employé vient pour encaisser… et draguer par la même occasion. Je ne l'ai pas du tout venir avec ses gros sabots (c'est ironique, parce qu'il était aussi lourd et maladroit qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine). Cà se voyait à 1000 kms à la ronde  mais çà m'a fait sourire. Il me parlait de la plage où il faudrait aller avec ce temps magnifique et puis il a débordé sur “tu vis seule, tu es célibataire, tu as des amis, tu vas aller à la plage ce week-end…” et un tas de blablatage inutile, sauf quand on tient à draguer pff . Voyant que j'arrivais au bout du rangement de mes courses, il se pressait de parler, en plus, comme s'il avait peur de me perdre en route. Et là, la question à laquelle je m'attendais depuis le début “on va se revoir ?” Je me suis un peu foutue de sa gueule en lui répondant “ben oui, je reviendrai faire mes courses, donc, oui, on se verra” , je l'ai achevé parce qu'évidemment ce n'était pas la réponse qu'il attendait, mais çà ne l'a pas empêché de me redire “on peut se revoir et échanger nos n° ?). Il a l'air sympa, assez calme, pas trop moche, sauf qu'il doit bien avoir au moins 8 ans que moi et je ne les prends pas au berceau non plus. On a échangé nos n° quand même, il m'a appelé comme il me l'avait dit… et je n'ai pas répondu… C'était flatteur tout çà et j'ai apprécié, mais je sais que celui qui sera avec moi, devra comprendre beaucoup de choses, être patient et lui, sans le juger, çà ne doit pas être le genre à comprendre certaines angoisses, phobies, mal-être… Du moins je ne pense pas, mais pour l'instant je n'ai pas envie de raconter, de justifier. Je ne sais pas comment expliquer. Il faut quelqu'un de plus fort moralement, parce que je ne suis pas facile à vivre avec toutes mes saloperies… Et je manque de courage pour un jeu de séduction aussi…

Voilà les affaires du jour… Je lui ai donné mon n° sur un coup de tête, sur l'ouverture vers un ”peut-être” incertain. Je finirai pas le rappeler je pense, pour voir qui il est vraiment, mais je n'oserai sans doute pas.

 

 




Auteur : Ptite Delph

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